Je suis une voie en déroute
Approche ton oreille que j’y dépose ma bouche
Pour te dire, te dire ...
Que nous serons toujours seuls,
Seuls à deux à poursuivre une voie en déroute
Celle que l’on nous a inculqués à coup d’éducation ancestrale, de mensonges et de faux dieux
L’amour n’existe pas,
L’âme dure sera toujours la lame aiguisée qui nous transpercera
Je vous vois tous bourreaux de mensonges, en ligne interrompue sur ma main
Vous avez ouvert la porte de l’inconscience et fait ressurgir les flashes aveuglants
Objectif zoomé, vous avez pénétré dans l’image profonde de mon âme
J’ai posé immobile dans le froid visqueux du serpent qui me lie au venin
La lie de l’humanité remonte en une bile amère dans ma gorge qui doit avaler les mensonges de votre membre, branche dure de la domination…
Et sème l’enfant du maître qui abandonne son esclave dans un champ de coton sans sa seringue fantomatique.
La piqûre, le rappel que la vie existe et qu’il ne faut surtout pas l’arrêter
Comment ? Vous me parlez ?
Mais mes tympans sont crevés par l’absence de vos réponses
Le silence m’a rendue sourde, lourde…
Enveloppée de chaire qui renferme la réponse à l’inquisiteur…
Visiteur de la nuit je ne suis que ton gîte, ton couvert
Mon crâne se lézarde comme les taudis de la précarité
Je suis sourde à vos appels fantômes…
Je suis sourde à vos appels fantômes…
Je n’écoute plus que le bruit du vent qui lave les yeux souillés par les images passées
Je ne suis plus qu’une âme vivante dans le réel et je vois le fil si fin qui me relie à la terre
Je creuse mon lit dans la forêt où les âmes seules sont innombrables
Nous ne pouvons les compter, elles sont si nombreuses, l’éternité ne suffirait pas…

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