"FRED SHOP" : SEQUENCE 3 (projet scénario)

Publié le par Laportebleue - Danièle Antoniotti

III – INTERIEUR JOUR – CAFE  – PARIS 18ème

Fred tourne lentement une petite cuillère dans sa tasse de café tout en regardant le liquide brun se répandre dans la sous-tasse.

Le café est presque vide et la pendule affiche 15h00.

D. le menton appuyé dans sa main le regarde patiemment attendant qu’il sorte de sa contemplation.

 

D.

Je pense que je vais me raser le crâne et me faire tatouer une grenouille sur mes lobes frontaux ça m’irait bien non ? t’en penses quoi ?

 

Fred continue à fixer sa tasse.

 

FRED

Mmouais…

 

D.

Tu veux voir mes seins Fred ?

 

Fred soupire et continue à tourner son café.

 

FRED

mmouais c’est sûr !

 

D.

(pouffe de rire)

Fred !

 

Fred sursaute et regarde D. étonné

 

FRED

quoi ?

 

D.

Qu’est-ce que je viens de dire ?

 

FRED

heu….

 

D.

Fred, où t’es barré là ?

 

FRED

Ben… je ne sais pas trop ce que je vais en faire

 

Fred tourne la tête sur le côté et tapote  le paquet en forme de carton à chapeau posé sur la banquette.

  

FRED

Il tient moins de place maintenant c’est sur … mais je pense que ça ne va pas trop aller avec ma déco ?

 

D.

Tu n’as qu’à t’en servir comme pied de lampe ?

 

FRED

(sourire forcé)

Très drôle

 

D

Je ne vois toujours pas pourquoi tu n’as pas voulu disperser les cendres de ton oncle, c’est chose courante tu sais ?

 

FRED

(indigné)

Il est hors de question que mon oncle soit becqueté par les pigeons t’entends !

 

D

(hébétée)

Becqueté par quoi ? Les pigeons ? mais … pourquoi les pigeons ?

 

FRED

(sérieux, sourcils froncés)

Les cendres voleraient partout et les pigeons ça bouffe n’importe quoi ! Tu ne sais donc pas que c’est hyper dégueulasse un pigeon !

 

D. a du mal à retenir un rire mais remarquant l’air sérieux de Fred se ravise.

 

D.

(se penche vers lui – murmure)

Fred… je pense que t’as un pète au casque

 

FRED

non  non… Je vais trouver un endroit où le poser temporairement après je verrai…

 

D

Ok, je suis sûr que tu trouveras la solution mais en attendant je suis désolée ma tafiote mais je vais devoir y aller, j’ai pas mal de trucs à faire et…

 

Fred, lève la tête et la regarde d’un air outré.

 

FRED

Tu te barres parce que tu as des trucs à faire ?

 

D.
Ben oui mais… qu’est-ce qu’il y a ? On se voit demain non ?

 

Fred l’air renfrogné sort une cigarette de son paquet et la met à la bouche sans l’allumer.


D

Hé Fred ! Qu’est-ce qui se passe bon dieu ?!

 

FRED

Il se passe que …. Putain de merde !

 

Fred à retiré brusquement sa cigarette de ses lèvres et s’est arraché un bout de peau.

 

FRED

Bordel ! Je me suis niquée la lèvre, ça se voit ? Je saigne ?

 

Il se penche vers D. lui mettant sa bouche sous le nez. D se recule et soupire.

 

D.

(Excédée)

Non…

 

FRED

Merde ! si je dois rouler un patin, voire même plus si affinités bonjour le handicap ! On va croire que je me fais de l’Herpès ou un truc dans l'genre.

 

D.

Fred tu n’as rien ! arrête ton char 5 minutes !

 

FRED

Ouais ! Quoi qu’il en soit, j’aurais pensé que tu serais restée avec moi après la crémation c’est tout, c’est une putain de journée pas comme les autres au cas où tu ne l’aurais pas remarqué !

 

Fred regarde avec insistance l’urne de son oncle.

 

D.

Bien sûr Fred ! Mais je ne vois pas ce que je… tu veux venir chez moi ?

 

FRED

Ah non ! Tu habites dans l’trou du cul du monde ! Ça m’déprime ! Putain mais pourquoi tu ne déménages pas ?!

 

D

(Vexée)

Charmant

 

Fred se passe la main sur le visage

 

FRED

Oh ! Ne fais pas ta Barbie,  ce n’est pas ce que je voulais dire…

 

D

Oui mais tu l’as dit !

 

FRED

(boudeur)

J’aurais voulu que tu restes avec moi ce soir, j’me sens un peu bof.

 

D

Arrête ce ton larmoyant s’il te plait,  je le connais.

 

Fred baisse la tête et pose sa main sur celle de D.

 

D.

Que tu es chiant ! ok  je reste avec toi ce soir mais je passe chez moi d’abord pour prendre quelques affaires ok ? Et Montreuil ce n’est pas si loin je te signale !

 

FRED

(triste)

Je sais… C’est sympa de rester avec ton vieux Fred ce soir,  je ne sais pas ce que… en fait je n’ai pas trop la patate ma poulette

 (ton enjoué)

… mais si tu retournes chez toi tu ne traînes pas trop ok ? Tu prends tes p’tites  culottes et tu rappliques dare-dare !

 

 D.  arrache la cigarette des doigts de Fred,  se lève brusquement, prends son sac et s’en va.

 

D

Non mais je rêve !

(imitant Fred)

« prends tes p’tites culottes »
non mais j’te jure ! Un de ces quatre je lui colle un marron à ce type !

 

Fred la regarde partir un grand sourire aux lèvres puis s’adressant à la cantonade.

 

FRED

Tavernier ! Un autre cawa siouplait !

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