FRED SHOP - SEQUENCE 8 - (projet scénario)

Publié le par Laportebleue - Danièle Antoniotti

VIII - EXTERIEUR NUIT –  RUE DES MARTYRS

 

Fred, D. et Zaza sortent de chez Madame Arthur.

Zaza s’adresse à Bruno un black à la carrure incroyable mais à la voix très aigue.

 

ZAZA

(Joyeuse)

Bonsoir Bruno !

 

Bruno donne un baisemain à Zaza.

 

BRUNO

(Tout sourire)

Bonsoir demoiselle Zaza, vous étiez sublime ce soir !

 

ZAZA

Merci Bruno,  je l’ai dans le corps si tu savais ! Faut dire aussi que je suis danseuse professionnelle mais pfffff !! Tu le sais déjà suis-je sotte !

 

Bruno s’approche de l’oreille de Zaza.

 

BRUNO

(Murmure)

Faites gaffe demoiselle, la vermine rôde dans le coin et à cette heure là en pleine semaine les rues sont plutôt désertes, faites bien attention.

 

Zaza lui pince la joue tendrement.

 

ZAZA

Merci pour votre délicate attention Bruno mais regardez ?

(Zaza désigne Fred)

J’ai mon garde du corps !

 

Zaza s’agrippe au bras de Fred qui essaie de se dégager et dans une pose de pin-up elle balance une mèche de ses cheveux dans le visage de Fred.

 

FRED

Merde ! Gare ta touffe ailleurs bordel !

 

ZAZA

(S’adressant enjouée à Fred et D.)

Alors le spectacle vous a plu ?

 

Fred se frotte les yeux et baille.

 

FRED

(Voix traînante)

Ouais … mais sincèrement je suis complètement vanné et un tantinet bourré…  je crois que je vais rentrer me pieuter.

 

Fred enlace D. par la taille et s’approche si près de son visage qu’il en louche.

 

FRED

Tu n’as pas sommeil ma poulette ?

 

D. tout en parlant essaie de se dégager mais Fred se cramponne à elle.

 

D.

Un peu oui… mais j’ai moins bu que toi mon pot, tu t’es enfilé au moins deux bouteilles de champ’ à toi tout seul.

 

D.  redouble d’effort pour essayer de se dégager.

 

D.

(Excédée)

Attends Fred… tu m’étouffes un peu là !

 

Zaza, les bras croisés les regarde en fronçant les sourcils.

 

ZAZA

(Agacée)

Dites-moi vous deux, ne vous foutez pas d’la gueule de Zaza hein ? Vous faites des cochonneries ensemble c’est bien ça ?  Vous êtes à la colle ? Pacsés ?

 

Fred toujours cramponnée à D. est en train de lui caresser la joue et la regarde tendrement.

 

FRED

(Voix éméchée)

Mais non zaza  j’t’assure ! C’est ma matrixounette à moi, rien qu’à moi mais c’est complètement patlonique je te jure !

 

Il lève la main droite comme à un tribunal.

D.  lève les yeux au ciel.

 

D.

Platonique Fred, t’es complètement beurré tu dis n’importe quoi ! Et arrête de me tripoter comme ça t’es malade ?!

 

Zaza toujours les bras croisés comme si elle attendait des explications. 

 

ZAZA

Ouais… patlonique ou nique tout court c’est louche tout ça.

 

Zaza soulève légèrement sa robe longue et s’apprête à  traverser la rue.

 

ZAZA

Bon allez on s’en fiche ! On va faire un tour chez moi ok ? Oh ! J’ai envie de vous montrer ma collection ! Depuis des années je collectionne tout ce qui concerne mon idole et figurez-vous…

 

FRED

(murmure pendant que Zaza continue de parler)

Génial on va prendre un de ces panard…

 

Zaza qui n’a pas entendu continue avec engouement tandis que  D. feint de l’écouter tout en traînant Fred qui tente désespérément d’allumer une cigarette.

 

FRED

(Marmonne tout bas)

Putain… si au moins dans l’sarcophage de ta blondasse on retrouvait une boulette de kif ça s’rait toujours ça. 

 

Il s’arrête net et fait un grand sourire.

 

FRED

Ouaiiiis ! Une bonne chicha de Kif je kiffe.

 

Fred se met à ricaner. D. lui flanque une baffe sur l’épaule pour le faire taire pendant que Zaza continue de verser son flot de paroles non-stop.

 

ZAZA

… J’économise encore un peu et très bientôt je pourrai ouvrir mon musée, le « musée Zaza » j’ai repéré un local pas loin de la Butte et bien situé qui conviendrait très…

 

D. lève le bras pour stopper Zaza dans son élan verbal.

 

D.

Stop zaza ! Temps mort ! Je suis sûr que tout cela est très intéressant mais Fred est out, il pèse une tonne et je dois trouver un taxi donc on verra ça plus tard ok ?

 

Zaza, piétine comme une petite fille capricieuse.

 

ZAZA

(Boudeuse et plaintive)

Oh ! Non ce n’est pas juste ! Je dors quand  les autres travaillent et lorsque je sors du boulot les autres roupillent ! Je n’ai aucune vie sociale moi ! Raccompagnez moi un peu au moins s’il vous plait… J’habite à deux rues d’ici allez… Bruno m’a dit que la bande de skinheads est dans les parages, ils cherchent des noises aux copines dans mon genre.

 

D.

(Étonnée)

Des Skinheads ? T’entends Fred ?

 

FRED

Mouais Chinead ? J’aime bien moi ce qu’elle chante…

 

D. et Zaza se regardent interrogatives.

 

ZAZA

Oui des Skinheads ! Ce sont les moutons de cet enfoiré de Lambreville.

 

D. regarde Fred qui hausse les épaules pour signifier qu’il ne comprend pas.

 

 

 

ZAZA

Vous ne connaissez pas Lambreville ?  C’est le président d’une association du quartier qui peu à peu ressemble à un rassemblement digne du 3ème reich. 

Ils sont anti-homo, anti-étrangers, anti-avortement, hyper-catho mais surtout hyper maboules !

Lambreville dégote sa petite milice auprès des parents membres de son association et les parents envoient leurs fils chez lui comme s’ils les envoyaient chez les scouts.

 

ZAZA

(Elle tapote son front de son index comme pour signifier la folie).

Des agités du neuro-végétatif  je vous dis !

 

D.

Du quoi ? Enfin non on s’en fout continue.

 

ZAZA

Alors évite de me couper la parole ! Oh ! Je ne sais plus moi maintenant !

 

D.

(excédée)

Lambreville, les fils des neuro-machin-choses, la milice allez ! Puis on continue à marcher parce que le Fred va me déboiter l’épaule à rester affalé sur moi ok ?

 

ZAZA

(soufflant)

Je continue mais faut plus m’interrompre… Ces jeunes ont le crâne rasé mais bourré par les conneries du vieux !

 

Zaza regarde à droite et à gauche pour vérifier qu’il n’y ait personne.

 

ZAZA

(voix basse)

Lambreville est plein de fric et il a des relations. Il paie ses protégés pour maintenir l’ordre dans le quartier. Ils intimident que dis-je ! Tabassent oui !  les gays, les lesbos, et les Zazas comme moi  bien sur ! Quelle mission n’est-ce pas ? A deux pas de Pigalle vouloir éliminer, les gays, les trans, les putes et le reste !?

 

D.

(éberluée)

Mais c’est complètement dingue cette histoire, une milice ? Ici aux Abbesses ? !

Mais on ne le mets pas en tôle ce type ?

 

ZAZA

Il a le bras long comme mes jambes ! Je te l’ai dit il a des relations et on le laisse faire car ça les arrange qu’un éboueur fasse le ménage.

 

D.

(À Fred)

Ton oncle t’en a déjà parlé Fred de cette bande d’allumés ?

 

 

FRED

Si on marchait un peu plus vite j’ai mal aux pattes, je ne voudrais pas avoir des varices rien qu’d’y penser j’ai envie de vomir beurkkk !

 

Le trio marche lentement. Zaza clopine à cause de ses hauts talons.

 

ZAZA

Massimo m’a dit un jour qu’une  bande a débarqué chez lui et l’ont menacé.

 

Fred dresse l’oreille.

 

FRED

(Les yeux écarquillés)

Quoi ? Ils ont menacé mon tonton ?

 

D.

Putain t’en tiens une bonne Fred, en rentrant je te fais une tisane.

 

FRED

(La tête sur l’épaule de D)

Oui ma pupuce, une bonne tisane pour ton Fred, si j’n’étais pas pédé comme un phoque je te roulerais une pelle.

 

Zaza stoppe sa marche et regarde Fred en souriant de toutes ses dents !

 

ZAZA

(victorieuse)

Je le savais ! Je le savais que t’en étais !! j’ai bien vu que tu matais le p’tit  Rodrigue  le serveur !

 

Zaza, le prends par le bras.

 

FRED

(Se reculant vivement)

Mais putain ! Arrête à la fin !

À quoi tu as vu que j’étais pédé d’abord ! Je ne frétille pas du popotin et en plus j’ai une voix de super mâle donc je ne…

 

ZAZA

Oh ! Ce n’est ni ton physique, ta voix ou tes manières non  on le sent ces choses là …

 

D.

(Impatiente)

Bon les tatas, vous nous ferez la cage aux folles plus tard !

Allez Zaza tout en marchant tu nous racontes un peu cette histoire de menaces contre Massimo.  Nom d’une pipe ! Il fait noir dans cette rue j’ai du mal à voir tes pompes faut l’faire !

 

Zaza regarde Fred tendrement en souriant puis revenant à la réalité continue.

 

ZAZA

Bien… Le brave Massimo était très ouvert d’esprit, il accueillait tout le monde dans sa boutique. Ca c’est sur, il ne faisait aucune distinction entre une trans, une pute ou cette brave Mme Guillette. Alors quand Lambreville s’est installé dans l’quartier et qu’il est allé voir tous les commerces pour le rallier à sa cause et bien il s’est fait jeter dehors par Massimo.

Lambreville vexé à monté le jus d’un cran.

 

D.

J’hallucine !

 

ZAZA

Mais vous venez de quelle planète ! Le vieux Massimo a tenu bon et par la suite, il a eu sa vitrine brisée et quelques tags mais c’est tout, Massimo est très connu depuis plus de 40 qu’il est ici enfin… était…. Enfin… Lambreville a eu une remontée de bretelle mais tu vois ça ne les empêche pas de continuer à faire chier le monde ! Ce Lambreville est complètement bouché du siphon  à méninges !

 

Fred regarde Zaza les yeux grand ouverts et dit étonné.

 

FRED

Ah ben ça alors ! J’étais loin de m’imaginer que les Abbesses s’étaient transformées en Fort Alamo ! Mon oncle ne m’a jamais parlé de tout ça c’est dingue j’aurais pu…

 

ZAZA

(Agacée)

Oui ben ton oncle il t’en aurait bien parlé si tu étais venu plus souvent lui rendre visite !

 

D.

(regard inquiet, voix basse)

Oups !  inconsciente la Dalida

 

Fred fonce sur Zaza qui  recule et se retrouve acculée contre un mur.

 

FRED

(En colère)

Je t’ai déjà dit de te mêler de tes affaires espèce de vieux travelo d’mes deux ! Je vais te…

 

D. S’interpose entre Fred et Zaza et remue les bras en l’air.

 

D.

Oh ! la ! oh ! la ! On se calme un peu s’il vous plait ! On est fatigués, bourrés  et un chouilla chamboulés par cette histoire. Donc, nous allons tranquillement…

 

UNE VOIX DERRIERE EUX

Mais regardez-moi un peu ce trio de choc ! Non mais je rêve ! Un vieux travelo et deux zigs qui sortent tout droit d’un film de sciences fiction !

 

Zaza lance un cri aigu et dit d’une voix tremblante.

 

ZAZA

Oh merde ! Qu’est-ce que je vous disais ! Ce sont eux les sbires au siphonné ! Et en plus on est dans une ruelle déserte. Qu’est-ce qu’on va faire ? Je vous en supplie ne les laissez pas me faire du mal !

 

Fred et D. font face à trois jeunes hommes à l’air peu commode.  Zaza toute tremblante se baisse au maximum pour tenter de se dissimuler tant bien que mal derrière Fred et D.

 

Les 3 tee-shirt blanc, jean, blouson et doc’s ne sont qu’à quelques mètres. Fred qui semble avoir retrouvé un tant soit peu ses esprits à cause de l’événement se redresse fièrement tandis que D. réajuste ses vêtements comme si de rien n’était.

 

 

FRED

(Bras croisés et parlant assez fort pour que tout le monde entende)

Ils ne ont pas pourris les mecs mais… ils ne m’attirent pas du tout, ils font un peu… comment te dire…bovins ! Voilà ! Bovin ! Tu ne trouves pas D. ?

 

D.

(Bras croisés et regardant les loubards)

Oui… tu as raison, bovin est le mot juste Fred

 

Zaza derrière eux pousse des petits gémissements,  elle s’accroche aux jambes de D.

 

ZAZA

(implorant et chuchotant)

Je vous en supplie tous les deux ne les provoquez pas ! Ils ont traumatisé Nana ma copine ! Elle en est à 3 séances de psy par semaine ! Oh ! J’ai peur qu’ils me cassent le nez ! Mon corps c’est mon gagne pain moi !

 

UN LOUBARD

(Souriant)

Hé ! Dis-moi bombe raider de pacotille ! Tu fais un peu mec sapée comme ça mais t’en ferais pas ton 4 heures toi Gégé ?

 

Le Gégé en question qui est le seul à avoir le crâne rasé et apparemment le leader s’approche doucement. Il se poste devant D. et la détaille des pieds à la tête.

 

GEGE

La vache c’est vrai que t’est pas trop moche et j’aime ça moi les rebelles ! Comme ça j’peux les dresser comme des chiennes.

 

Fred penche sa tête et murmure à l’oreille de D.

 

FRED

Bon  matrixounette, phase intimidation et on règle ça gentiment sans s’énerver, on va se la jouer cool ok ?

 

D.

(Entre ses dents)

Fred ! Dans deux minutes je sors de mes gongs je te préviens…

 

Puis D. se retourne et s’adresse à Zaza

 

D.

Bon Zaza, va falloir que tu t’y fasses mais pour une fois il faut que tu prennes consciences que t’en as ok ? Je te confie mon sac fais-y gaffe, tu ne le quitte pas des yeux compris ?!

 

Zaza arrache le sac des mains de D. tout en disant oui énergiquement de la tête. Elle le plaque contre sa poitrine.

 

ZAZA

(Affolée parlant tout bas)

Mais vous êtes dingues tous les deux, il faut appeler la police ! Ou l’armée ! Oh mon dieu,  je sens que… oh ! Ils vont !...

 

Les Loubards qui on reculé entre-temps sifflent, rigolent et parlent fort entre eux.

 

D. se retourne et l’air mauvais s’adresse à Zaza en parlant assez bas.

 

D.

Ta gueule zaza !  Il faut régler leur compte une bonne fois pour toute ok ? Tu gardes mon sac et tu te planques !

 

Fred et D. avancent doucement mettant à découvert Zaza qui reste plaquée contre le mur derrière elle.

 

ZAZA

(Au bord des larmes)

Mais… mais…ils sont trois et nous sommes… heu… trois ?!

 

FRED

(Serein à Zaza)

Chutt ! Laisse-nous faire, D. et moi on a l’habitude. En plus ça fait un bail qu’on n’a pas fait d’exercice comme au bon vieux temps, pas vrai ma poulette ?

 

D.

hum…

 

Gégé s’est rapproché doucement, il est maintenant tout prêt de D. son visage touche presque le sien.

 

GEGE

ouah !!! On dirait la nana dans matrix ! T’as vu Paulo elle a le même manteau ? Et sans l’emballage ça donne quoi ?

 

Il  écarte un pan du manteau de D. et regarde sa poitrine. A peine a t’il posé sa main sur le revers du manteau que Fred la lui bloque avec force, il parle entre ses dents.

 

FRED

(menaçant)

Je serais vous, j’éviterais de faire ce genre de geste voyez-vous ? Ce n’est pas très…courtois.

 

Gégé retire sa main violemment de l’emprise de celle de Fred puis s’esclaffe grassement, on arrive à voir les caries de ses molaires.

 

D.

(Sereine)

Oui, mon ami a raison Gégé, tu n’es pas très courtois

 

D. se fait de l’air avec sa main comme si elle se sentait mal

 

D.

(Grimaçante)

En plus c’est dingue comme tu pues d’la gueule ! Tu as dû buter toutes les mouches dans un rayon de deux kilomètres ! t’as essayé les pastilles Valda ?

 

Zaza affolée, se plaque la main sur sa bouche pour s’empêcher de crier, ses jambes tremblent. Elle sert le sac encore plus fort contre sa poitrine et psalmodie entre ses lèvres.

 

ZAZA

(suppliant)

Oh ! Sainte Marie pleine de grâce faites qu’on s’en sorte tous vivants, faites qu’ils ne me déshonorent pas,  je vous en supplie j’ai payé ma robe 400 euros !

 

GEGE

(Rouge de colère)

Putain qu’est-ce que t’as osé me dire espèce de chienne ? ! Je vais t’avoiner la tronche et ensuite on ira faire un tour tous les deux, tu vas me supplier d’arrêter !

 

Il lève son poing et le dirige à toute vitesse vers le visage de D. qui se baisse de justesse.

Elle se relève rapidement et lui donne un coup de pied dans les parties.

Les 2 collègues de Gégé accourent à sa rescousse.

Fred se mets en position tel un karatéka et balance sa jambe avec souplesse  au travers du corps de l’un deux qui, bien que déstabilisé arrive à se redresser et à donner à sont tour un coup de pied à Fred qui bascule en arrière.

Assis sur le cul, Fred le regarde et dit d’un air vexé.

 

FRED

(Ton boudeur)

Ouais ben ce n’est pas du jeu ! j’suis un peu bourré c’est normal que je n’ai plus autant de réflexes ! Pas la peine de pavoiser !

 

D. pendant ce temps joue de ses jambes comme une danseuse. Son pied atteint le visage de Gégé mais pas assez pour le sonner.

Il fonce sur elle en grognant, la plaque violemment contre le mur juste à côté de Zaza.

Paralysée par le choc et le poids de son agresseur elle ne peut que lui mordre l’oreille.

Gégé recule en hurlant, et colle sa main sur son oreille qui saigne. Il maintient toujours D. par le cou et la plaque encore plus violemment contre le mur.

Zaza voyant D. en mauvaise posture, pleure à chaudes larmes, elle hésite ne sachant que faire s’agitant dans tous les sens et poussant des petits cris aigus.

 

Fred très inquiet de voir D. en danger fait ce qu’il peut pour se débarrasser au plus vite des deux autres loubards.

 

FRED

(Tout en se battant, hurle à Zaza)

Putain Zaza bouge ! Fais quelque chose pour l’aider bordel !

 

Hésitante et sanglotant Zaza hésite puis dans un élan de bravoure retire sa chaussure et s’élance sur Gégé. Elle lui assène plusieurs coups violents sur le crâne avec le talon de sa chaussure.

 

ZAZA

(Cris aigus)

Tiens espèce de brute ! Tu n’as pas honte de t’attaquer à de faibles femmes ? Tiens prends ça et encore ça !

 

Fred qui essaie d’esquiver quelques coups encourage Zaza.

 

FRED

Ouais ! T’es une danseuse professionnelle Zaza donc très sportive alors rétame le bordel !!

 

Fred se retrouve à nouveau sur le sol, il roule sur lui-même et se relève aussitôt.

 

Gégé stoppe subitement ses mouvements, sa main desserre le cou de D. qui tousse comme une bronchiteuse.

Il regarde stupéfait Zaza qui, motivée par les paroles de Fred accentue les coups de talons sur sa tête. Gégé touche le sommet de son crâne puis constate le sang sur sa main.

Horrifiée zaza bredouille des excuses et dans un geste désespéré époussette l’épaule de Gégé.

 

ZAZA

(Confuse et bredouillante)

Je… je… ne voulais pas vous faire de mal, je vous jure, c’est que…

 

Gégé lui donne une énorme gifle qui la fait tomber au sol.

D. retrouve peu à peu son souffle.

Gégé s’apprête à donner un coup de pied violent dans le ventre de zaza qui est recroquevillée sur elle même lorsque D. postée derrière lui le frappe avec force du plat de ses mains sur les deux oreilles comme si elle écrasait un moustique.

A cela elle ajoute un grand coup de poing dans le bas de ses reins.

L’homme tombe à genoux en se tenant les tempes.

D. l’attrape par son tee-shirt et lui donne un coup de poing qui le fait saigner du nez immédiatement plus un coup de pied dans le ventre. Il est à genoux sur le sol complètement sonné.

 

D. regarde Zaza.


D.

(Essoufflée)

Ca va Zaza ?

 

ZAZA

(Hébétée se frottant sa joue enflammée)

Oui ça va aller, merci.

 

D. ramasse son sac.

Pendant ce temps là, Fred rassurée que D. ne s’en tire pas trop mal fait une brillante démonstration de Bruce Lee, il agrémente ses coups de petits cris aigus.

L’un des hommes est au sol gémissant, il se tient le bras et se tord de douleur.

L’autre plus vaillant reçoit un coup de bottes dans le visage, il s’écroule à genoux et s’ébroue comme un chien mouillé. Il esquive le coup de pied que Fred vient de lui donner et se relève d’un coup.

Un poing américain recouvre ses doigts, il s’apprête à le lancer de toutes ses forces dans la tête de Fred lorsque la voix de D. retentit.

 

D.

(criant)

Stop !!

Elle vérifie que Gégé est toujours à genoux et sonné. Elle se dirige doucement vers le loubard au poing américain. Elle se plante devant lui, soulève son tee-shirt qui dévoile sa poitrine.

L’homme bouche bée est restée le poing en l’air, ses yeux sont fixés sur la poitrine de D.

 

D.

(souriant)

Ils te plaisent ?

 

Le loubard les yeux écarquillés sourit. Son collègue est toujours au sol à se tordre de douleur ne faisant pas attention à ce qui se passe autour de lui.

 

LE LOUBARD

(niais)

Heu… ouais ils sont chouettes !

 

D.

Tu veux les toucher ?

 

Fred est aussi stupéfait que le loubard.

D. s’approche de plus en plus du loubard.

 

LE LOUBARD

Oh ouais !

 

L’homme s’approche de D. et tends sa main vers un sein de D. Mais il ne s’aperçoit pas que Fred est posté derrière lui. La main en cisaille il lui donne un petit coup derrière la tête, le loubard s’effondre immédiatement.

 

D. baisse son tee-shirt d’un geste agacé.

 

FRED

(yeux écarquillés et grand sourire)

Putain D ! T’es bien équipée bordel de bordel !

 

D.

(En colère)

Ta gueule Fred !  Je ne suis pas fière du tout ! Utiliser mon corps pour feinter je n’aime pas ça crois-moi ! Moi qui milite contre la…

 

ZAZA

(pleurant et suppliant)

non ! non ! je vous en prie !

 

GEGE

(Hors de lui)

Ta gueule sale pédale ! Je vais te saigner comme un porc ! Tu vas voir ce que je fais aux vieilles tantouses comme toi, toutes les tafiotes de ton espèce vont se griller le cul en enfer !

 

Gégé que D. avait allongé tient un couteau sur la gorge de Zaza.

La longue perruque de zaza gît sur le sol, son crâne dégarni ressemble à la tête d’un moineau sortit de l’œuf, tout luisant avec des petites touffes de cheveux éparses.

Zaza pleure, son mascara laisse de grosse traînés noires sur ses joues.

 

ZAZA

Je vous en supplie ! Je n’ai jamais fait de mal à personne je vous jure !

 

Le nez et l’oreille de Gégé sont en sang, sang qui goûte sur son tee-shirt.

Il remonte la lame vers la joue de Zaza qui tremble comme une feuille.

 

GEGE

Arrête de chialer espèce de travelos, tu me dégoutes !

 

Gégé postillonne sur Zaza, à chaque mot elle cligne des yeux, un de ces faux cils est collé sur sa joue.

 

GEGE

(sourire sadique)

Tu vois c’qu’on fait aux pouffiasses qui viennent polluer le quartier ? On va nettoyer tout ça et vite fait ! Je vais taillader ta sale tronche de dépravé, tu vas tellement être défigurée que tu…

 

D.

Je serais toi mon mignon, je poserais mon coupe papier et j’en profiterais pour me curer les ongles tu fais négliger tu sais ?

 

D. est derrière lui, elle lui a plaqué son Smith et Wesson sur la tempe.

 

D.

(menaçante)

Lâche ton couteau espèce d’enfoiré sinon tu vas voir ta petite cervelle dégouliner sur le mur !

 

Gégé ouvre sa main pour lâcher le couteau qui tombe aux pieds de Zaza qui à son tour se laisse tomber sur le sol. Elle recule sur ses fesses, se plaque contre le mur et regarde ahurie le spectacle.

 

D. a toujours l’arme braquée sur la tempe de Gégé.

 

D.

Maintenant trou duc tu va aller dire à ce facho de Lambreville que s’il continue à faire chier le monde, j’irai moi même le sodomiser avec mon flingue ok ?

 

Gégé ne bronche pas, l’un de ses hommes mal en point essaie de se relever mais Fred en profite pour lui donner un coup de pied dans le ventre.

L’autre beaucoup plus jeune dont le bras est surement cassé est assis sur le sol, il gémit et sanglote à la fois. Fred les surveille de près mais se rapproche de D.

 

D.

(En colère)

Alors tu m’as comprise  résidus de capote ?!  Fais des excuses à Zaza tout de suite !

 

Zaza affolée fait non de la tête d’un mouvement hystérique.

 

ZAZ

(bredouillant)

Non vraiment D. ce n’est pas la peine je t’assure ! On va gentiment oublier ce malentendu n’est-ce pas Monsi…

 

D.

La ferme Zaza !

 

Fred se passe la main dans les cheveux et regarde D. inquiet.

 

FRED

Putain D. ! On ne déconne pas ok ? Ces messieurs vont partir maintenant, je pense qu’ils ont compris, n’est-ce pas les  gars ?

 

Les deux hommes amochés et allongés sur le sol dans le dos de Fred disent oui de la tête énergiquement.

 

UN LOUBARD

(bégayant)

Oui oui ! On a compris… les… les mecs heu… j’veux dire… on va s’barrer hein Gégé ?

 

D.

Non ! Personne ne se barre tant que cet enfoiré ne présente pas ses excuses à Zaza, nom d’une pipe ! Il faut que je te le répète combien de fois ?!

 

Un petit bruit métallique retentit, D. a appuyé lentement sur la détente, la prochaine poussée sera la bonne.

 

Zaza étouffe un cri, Fred se tient la tête à deux mains. Gégé tremble sur ses jambes.

 

D.

Alors dégénéré de me deux magne toi j’ai le doigt qui s’engourdit !

 

GEGE

(bredouillant)

Je.. je m’excu… je… putain ! ne tire pas !

 

FRED

(en colère)

D. arrête tes conneries maintenant ! Laisse-les se barrer !

 

D.

Alors Gégé ?

 

La sueur lui coule dans les yeux, Gégé avale sa salive et répète tout bas.

 

GEGE

Zaza je te … prie de bien… oh putain ! … de bien vouloir accepter mes excuses… 

 

Fred souffle soulagé, tape dans ses mains et s’adresse à tout le monde.

 

FRED

Bon parfait ! Maintenant tout le monde rentre chez soi tranquille ! c’était pas grand-chose en fait.

 

D. garde son arme braquée sur la tempe de l’homme qui tremble comme une feuille. Elle recule mais le tient toujours dans sa ligne de mire.

Elle désigne de la tête les deux acolytes de Gégé.

 

D.

Maintenant tu vas aider tes deux copines à se lever et vous dégagez ! La prochaine fois que je vous trouve sur mon chemin je vous bute espèce de nazis !

 

Gégé se dégage et met les mains en l’air, le sang coule sur son menton et sur son tee-shirt. Il recule pour éviter de tourner le dos à D. Il regarde son couteau sur le sol.

 

D.

(Son arme toujours braquée sur lui)

Tu laisses ton canif où il est ! Zaza  ramasse-le ! Tu le garderas en souvenir

 

ZAZA

(Toujours assise sur le sol, ne bouge pas)

Non vraiment sans façons, je ne suis pas très…

 

D.

(menaçante)

Zaza ?!

 

Zaza apeurée tend sa main vers le couteau.

 

ZAZA

Oui d’accord D. je le ramasse tout de suite ! De toute manière il ne faut pas laisser traîner ce genre de truc hein ? Un enfant peut le trouver et se faire du mal. Tu as raison D.

Ca y est je l’ai !

 

Elle le prend du bout des doigts comme si elle tenait une chose immonde et le dépose tout prêt d’elle.

Les trois hommes sont côte à côte et partent à reculons.

D. tourne sur elle-même et les suit du regard toujours l’arme braquée sur eux.

 

D.

Maintenant vous courez vite, je compte jusqu'à 5, un… deux….

 

Les hommes commencent à courir doucement en se retournant pour vérifier ce que fait D. puis détalent subitement à toutes jambes. Celui qui tient son bras douloureux hurle à ses copains pour qu’ils l’attendent.

 

D. abaisse son arme.

 

Zaza essaie tant bien que mal de remettre sa perruque comme il faut, elle s’approche de D et se jette dans ses bras.

 

ZAZA

(sanglotant)

Oh ! merci D. ! J’ai cru qu’il allait m’égorger comme une truie,  j’ai eu si peur ! Tu m’as sauvé la vie !

 

Fred frotte ses habits, se tâte pour savoir si son corps n’a rien puis s’approche de D. le regard noir.

 

FRED

Putain ! T’as pas pu t’en empêcher hein ? Il a fallu que tu en rajoutes en plus ! Et les excuses par ci ! Et patati et patata…

 

ZAZA

(Indignée)

Fred ! D. m’a sauvé la vie ! Ne cries donc pas sur elle voyons !

 

Puis Zaza d’un œil attendri regarde D.

 

ZAZA

(doucement)

Mais tout de même  D. Ça aurait pu mal tourner,  j’ai vraiment cru que tu allais tirer, j’ai très peur...

 

D.  regarde Zaza, lui sourit gentiment puis se braque l’arme sur sa tempe.

Zaza horrifiée écarquille les yeux et ouvre grande sa bouche pour crier mais aucun son n’en sort.

 

D.

(imperturbable)

Fallait pas te faire de soucis  Zaza, il…

 

puis D. appuie sur la détente, un son métallique retentit.

Zaza ne tient plus sur ses jambes, elle s’effondre et s’évanouie dans les bras de Fred.

 

D.

(l’arme toujours sur sa tempe dit tout bas en regardant Zaza)

… est toujours vide.

 

Fred tente avec peine de soutenir Zaza qui lui glisse entre les bras.

 

FRED

(En colère)

Bien voilà ! T’es contente de toi ? Quand je te dis que t’en fais des tonnes, regarde moi ça !

 

Il tapote les joues de zaza qui a du mal à revenir à elle, elle gémit.

 

FRED

(réconfortant)

Zaza ? Allez c’est rien ! C’est sûr quand on ne la connaît pas ça surprend je sais, elle est dingue mais pas vraiment méchante je t’assure.

 

Il la relève tant bien que mal, lui remet sa perruque mais à l’envers.

 

FRED

Allez viens on va te ramener chez toi tu veux ? Tu nous guides ?

 

Zaza essaie de dégager ses yeux car ses cheveux lui cache le visage. Elle a du mal à se maintenir debout.

 

ZAZA

(Titubant et bredouillant)

oouuuuiiii, je vais essayer, rue d’or.. d’Orsel au 50 ! C’est par là !

 

Elle agite son bras et montre plusieurs endroits à la fois, puis son bras retombe sur la tête de Fred.

 

FRED

(remet le bras de Zaza en place)

Ok, on y va alors ! Bon D ! Ramasse les godasses de Zaza et s’il te plait range ton jouet veux-tu ? Mais qu’est-ce que tu as ce soir ? T’as tes règles ou quoi ! 

 

D. souffle dans le canon, fait tourner l’arme entre ses doigts tel un cow boy puis la range dans sa ceinture à l’arrière de son pantalon.

Une chaussure dans chaque main elle suit Fred et Zaza qui marchent  lentement devant elle.

 

D.

Regardez !

 

Elle montre son manteau, en haut du col il y manque un bouton.

 

D.

(Ton capricieux et boudeur).

S’il n’avait pas pété le bouton de mon manteau je ne me serais pas énervée comme ça !

J’ai horreur qu’on abîme mes affaires c’est tout !

 

Zaza, soutenue par Fred dont la perruque à l’envers lui cache toujours la vue parle d’une voix tremblante. Au contact du souffle qui sort de sa bouche les mèches de sa perruque se soulèvent devant sa bouche.

 

ZAZA

(regarde d’un air ahurie Fred qui la soutient)

Tout ça pour un bouton ? Elle a sortit son flingue à cause d’un bouton cassé ?

 

Elle regarde Fred apeuré, celui-ci dégage les cheveux de ses yeux et la regarde d’un air désolé.

 

FRED

(Soupirant)

Et oui zaza, elle est comme ça que veux-tu que j’te dise ! Un bouton qui pète et la v’là qui défouraille, c’est une nana on n’y peut rien, toutes des hystériques les gonzesses !

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Collectif des 12 Singes 24/08/2009 21:25

Y a pas à dire : Quel talent !!! Hep, miss Audiard, remet en vite une tournée, on a soif de Fred, Zaza et toute la clique !!!

Laportebleue - Danièle Antoniotti 24/08/2009 22:03


merci... j'en ai bavé avec cette baston bordel!!!!!!!!!!!