Déclaration... extrait de Innocente Douleur

Publié le par Laportebleue - Danièle Antoniotti

Sais-tu je j’aime Kandinsky, Marx Ernst, Doisneau, Man Ray, Nikky de Saint Phall, les dessous de Chantal Thomass, Depardon,  Bünuel et sa « Belle de Jour », les chants grégoriens, le discours de Martin Luther King, les tapis de mousse qui recouvrent les troncs d’arbre, utiliser le jus des cerises comme rouge à lèvres, les bébés qui rôtent, le pastel gras sur les doigts, toucher le cuir, démonter les réveils, les lémuriens, Syracuse par Jean Sablon, l’odeur de la teinture indienne, peindre sur des corps et les faire rouler sur le sol recouvert d’une toile,

jouer aux osselets ?

Rester une heure devant une sculpture et quand le gardien roupille la caresser en fermant les yeux,

les cageots en albâtre des épiciers,

chanter du Barbra Streisand ?

  et… t’aimer… t’aimer… toujours et encore et toujours…

Un jour je te prendrai la main et je t’emmènerai observer du rien…

la beauté du rien, rien de plus beau le rien…

c’est tout ce que l'on ne voit pas avec nos yeux

mais ce que l'on ressent avec son coeur et ses tripes

dans un coin telle la lampe d’Aladin il n’y a qu’à frotter pour s’enivrer de rien…

rien que du rien…

As-tu déjà regardé un verre en cristal en plein soleil ?

Piétiner, malaxer de la glaise les pieds nus ?

Entendu Mathilde jouer de la harpe à la station Concorde ?

Ce n’est rien tout ça…

mais ça, c’est tout…


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