Et pourtant... je t'aimais ? (Des Ordres, carnet d'une soumise)

Publié le par Laportebleue - Danièle Antoniotti

Qui a dit que rien n’était plus beau que la douleur ? Il me semble que c’était toi, oui…

Je t’entends encore mais… comme un son lointain qui me le murmure à l’oreille.

Je la sens encore mais… comme une caresse lointaine, ta langue parcourant le lobe de mon oreille.

Et me dire… ma douce… ma douce… sensuellement… amoureusement parcourant mes liens qui me faisaient glisser entre mes lèvres des gémissements de plaisir…

Douleur et  plaisir transformés au fil du tant et temps que nos propres liens en sont devenus étroits, bien trop étroits pour laisser filer le moindre souffle de répits…

Et pourtant… je t’aimais ?

 

Des mains anonymes parcourant un corps cagoulé… telles des vipères ou bien des rats cherchant refuge ou de la chair pour assouvir leur faim..

Des narines qui remuent comme les truffes de chiens à la recherche d’une femelle.

Et pourtant… je t’aimais ?

 

Habillée de ma parure blanche au pointillisme aborigène dont la couleur rouge sang symbolise la terre.

La terre… « Faites la taire » que fêtions-nous, que faisions-nous ?

Et des caresses, de véritables « paresses » qui me « caressaient » douloureuses…

 

La nuit froide, les pieds gelés, dans le noir, j’attendais ton retour, comme j’aimais entendre se rapprocher le son de tes pas, le grincement de la porte, l’odeur de ton parfum s’immiscer dans la pièce et le bruit du cuir qui délassait mes chevilles, mes poignets et tu me susurrais : « ma douce » et tu m’emportais dans tes bras loin de l’odeur du cuir, de la sueur et du sang, un moment…

Et pourtant… je t’aimais ?

Publié dans Des Ordres

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