C’était le début du printemps.
Il faisait frais et la marche jusqu’au métro Malesherbes frisait le désagréable car ma petite veste en cuir ne faisait pas le poids face au vent qui soufflait.
J'ai pris la ligne 3 jusqu’à République, réfléchissant un moment avant d’emprunter la ligne 8. Marcher jusqu’à chez Carole m’aurait fait du bien mais j’avais froid. A contrecœur j’irais donc en métro jusqu’à Saint-Sébastien Froissard.
J’étais étonnée de ne me sentir pas si mal que ça au fond. Je pensais encore à Guy, à cet après-midi, à nos vacances… Oui je me les rappelais très bien, comme si c’était hier.
Merde ! Un peu plus et je ratais la station.
Les couloirs de République me semblaient interminables et cette odeur persistante de viennoiserie alors que je ne voyais aucun « point chaud » dans le coin ! Odeur subliminale ? Bizarre.
Et la p’tite dame joueuse de pipeau qui, jour après jour était là aux même horaires, debout, imperturbable et sa coupelle vide à ses pieds.
Comme je n’aime pas ce quai avec ses métros bleus, je trouve qu’ils sentent le moisi. Deux stations mais que c’est long ! Il faut que je sorte je frise la claustrophobie.
Une fois dehors je m’aperçois que le vent n’a pas cessé malheureusement. J’achete un paquet de cigarettes au tabac du coin puis traverse pour tourner à droite et m’engager dans la rue Amelot.
Sympa comme quartier, proche de bastille, proche de République, proche d’un peu près tout.
En face, rue du pont aux Choux et son Weber Métaux installé depuis une éternité. Pouf ! on débouche près de la rue de Bretagne et si on la remonte on croise le square du temple. Et je la prolonge encore pour prendre la rue Réaumur et nous voilà à Ats et Métiers avec son Cnam !
On traverse… rue Beaubourg et si on lève les yeux au loin il y a Notre-Dame.
Longeons le truc plein de tuyaux colorés (heu… le Centre Georges Pompidou ou Centre Beaubourg pour les intimes) où se trouve la BPI. Continuons… nous sommes rue du Renard. Allez, encore tout droit et voilà le Bazar de l’hôtel de Ville (Bhv pour les initiés). Ah ! À gauche la Place de l’Hôtel de Ville ! Bonjour m’sieur l’Maire !
Poursuivons cette éternelle et ennuyeuse rue de Rivoli avec ses touristes, ses sondages tous les 3 mètres. Tout droit, tout droit et Saint-Paul ! Nous voilà en plein cœur du Marais ! tiens ! Voici la petite rue du Prévost qui mène à l’Hôtel de Sens et qui abrite la Bibliothèque Forney où j'ai travaillé...
Allez ! On continue encore tout droit, la rue de Rivoli laisse place à la rue Saint Antoine, à gauche je vois la place Sainte-Catherine avec ses petits cafés branchés !
Puis, face à moi pas très loin, droite, fière et effrontée… la colonne de la Liberté… ah ! Les trois glorieuses journées de 1830… Il y a les 6 jours Bhv et pourquoi pas les 3 journées « glorieuses » hein ? Tous les 14 juillet on danse sur les mares de sang des cadavres de 800 insurgés.
Tiens ! sur le trottoir de droite un « MONOP », c’est M'sieur Ouelbecque qui va être encore content ! Il va peut-être trouver un shampooing pour ses « particules ».
Alors… À droite toute ! « Lenôtre » qui frôle presque le flanc du « Palais du Fruit ».
Quittons la rue St Antoine pour emprunter la rue des Tournelles. A un moment, il faut choisir : soit on prend à gauche et on se ballade au square des Vosges en écoutant avec délice un quintet à cordes (et en profiter pour faire un coucou à Victor Hugo) ou bien on tourne à droite pour déboucher sur le Boulevard Beaumarchais. Et pourquoi ne pas s’acheter une Partoche chez Paul Beucher et rejoindre le quintet Place des Vosges ?
Allez un effort, encore tout droit et hop ! Nous voici donc en direction de Répu ! Pour finir où ? Au tabac qui se trouve presqu'à l’angle de la rue du Pont Au Choux, là où j’ai acheté mes clops. Tous les chemins mènent à Rome…
Allez ! Cette fois on y va, on traverse, on tourne à gauche et on la prend cette rue Amelot, Carole m’attends au n° 90.
J’aime Paris… son histoire… mais l’histoire qui se passe dans ma vie ?
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