Mots-art...
oh ! Pourquoi me manques-tu tant ? le plus douloureux à cette heure c’est de ne pas m’endormir près de toi, tripoter le lobe de ton oreille, me coller contre ton corps et soupirer du plaisir de ta présence… la caresser inlassablement, doucement en attendant que le sommeil me gagne… me rapprocher, m’abriter quand… quand je vois les yeux fermés… une seconde… quand mon cœur s’accélère, quand dans la nuit tout est trop éclairé… tu es là, c’est toi, c’est toi je ne crains rien…
domine moi de ton amour … frappe moi de tes caresses… métamorphose…
j’écoute Mozart il est là, avec moi dans ma chambre, c’est le répit, je peux dormir… j’ai emprunté la porte bleue… et si mes pieds me font mal c’est que la route a été longue pour te rejoindre… le sable adoucit la douleur. Les voix peuvent m’appeler je suis sourde… je ne peux que voir, entrevoir ce filet de lumière… il éclaire mon chemin. Je viens, je marche, j’avance, mon corps a encore mal, panse mes blessures de ta langue… embellis moi… Dies Irae… chantez ! Chantez ! Noyez donc tout ça ! Sors de ma tête monstre à deux têtes ! Tu n’a jamais été mon passé… tu n’as été qu’un cauchemar qui a duré trop longtemps… Le réveil est douloureux mais on ne meurt pas d’un cauchemar…
Tuba Mirum… je me lève… je me lève… j’ai mes lèvres qui t’appellent qui murmure ton nom… je m’élève enfin pour regarder d’en haut. Je m’élève seule, sans parents enfin…
Je suis dans un état second ce soir, l’ivresse d’une renaissance… je me déploie doucement, je retire mes souillures… j’apprends à marcher doucement en évitant les obstacles. Guide moi pour mes premiers pas comme un père… fais moi l’amour comme un amant… aime moi comme un mari… sécurise moi comme un ami… console moi comme un frère…
Transforme moi magicien de l’amour… verse moi ta potion magique dans ma bouche, lisse moi à l’intérieur, pénètre moi, visite moi, laisse ta trace… marque moi… attache moi à toi et sers bien les liens, je veux que tu sois le seul visiteur de mon musée des douleurs… parcours moi et découvre… découvre moi… je veux être nue…
Mozart merci… mais je n’ai plus besoin de toi, je te garde pour ta beauté et non pour me rassurer… ta folie est belle Mozart… la mienne est magnifique… joue Mozart ! Ton requiem je le découvre, il me découvre… je me montre… j’existe… mon cauchemar est terminé… Sanctus… on se dit au revoir Wolfgang ? Quand je t’écouterai désormais, mes pleurs ne seront plus de sang tu sais ? Ils seront clairs… salés… comme mes pieds qui marchent sur cette plage et le sel fait mal sur les blessures.
(extrait de "Des Ordres") D.A