Le capital du dégoût... extrait de Douleur...

Publié le par La Porte Bleue - Danièle Antoniotti

Il y a ces souvenirs… cette musique qui raisonne, souvenir de souffrance, d’excitation.

Etre vue, être objet de désir, désir d’assouvir les leurs…

Obscénité, lutte, vengeance...

Tous ces regards tournés vers une seule chose.

Moi ! Être l’unique chose de l’instant, dominer, gifler leurs sales gueules, leurs sexes gonflés, leurs couilles pleines.

Je leur donnais ce qu’ils désiraient et ils me renvoyaient le reflet de ce que j’aimais détester.

J’obtenais mon salaire, celui du dégoût, salaire qui m’appartenait d’épargner, de faire fructifier pour multiplier mon capital…

 

On ne peut pas inverser le temps, même s’il est raconté. Écrire le passé au présent ne peut pas être la vérité.

La vie ne peut être vérité qu’à l’instant où elle est vécue.
Une minute d’existence présente n’existe plus une minute d’existence plus tard.

Ce mouvement du temps, cette claustration du temps.

La clepsydre se vide.

 

Je suis à l’intérieur de moi-même, cloîtrée dans cette cellule à la couche humide et aux prières vaines.

Je veux peut-être me regarder de l’extérieur ? Me contempler, me haïr, m’admirer ? Me connaître ? Me reconnaître ? Enfin ?

Je sais qui je suis. Je sais qui je fuis.

D.A "Douleur" 2004

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B
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