Interview de Fred (version soft) fin de partie !!
Daphnée (= D.)
Bon, si nous revenions à nos personnages Fred, voulez-vous ?
Le Fred (= F.)
Bien maîtresse… Le Dr. X par exemple, un ami d’enfance, il vient souvent me remplacer à la boutique lorsque j’ai une casserole sur le feu si tu vois ce que je veux dire…ok…
C’est un psy un peu torturé mais comme tous le psy je pense, il refuse d’accepter son penchant pour les… messieurs… il pense que personne ne l’a remarqué et il se fout le doigt dans l’œil et oui… ironie dramatique m’dame.
Et lorsqu’il me remplace dans la boutique il a le chic pour allonger ma clientèle sur le canapé de ma librairie et que j’passe par l’œdipe ou la phase anale, quoi que ça bon encore… enfin bref la clientèle est aussi paradoxe.
On a tous dans la tête le schéma plus que caricatural de la clientèle d’une boutique porno : l’homme au regard libidineux et fuyant qui parcoure la boutique les mains dans les poches en regardant autour de lui l’air de ne pas savoir où il se trouve.
Au Fred-Shop c’est tout le contraire, bien que ce genre de type puisse débouler dans la boutique car tout est bon dans l’cochon ! Mais il y a aussi les amis, certaines personnes du quartier. Il y a bien quelques homophobes et d’autres fachos du coin qui me foutent des bâtons dans les roues certes, ça pose quelques problèmes mais on arrivera à les mater.
Chez moi tu peux venir discuter, boire un café, acheter un fouet ou bien faire un stage sur l’art du bondage mais c’est aussi un lieu où l’on se confie, à mon grand regret d’ailleurs. Franchement des fois ils me les gonflent avec leurs problèmes ! Je n'ai pas que ça à foutre moi écouter Marie-Chantal qui voudrait bien qu’Hubert lui donne la fessée avec une cravache.
Enfin, je les écoute tout de même, c’est mon côté gentil et humain. Puis, je me démerde toujours pour leur faire acheter un truc.
Donc vois-tu ma toute belle, tout ce petit monde, moi y compris, vivons tant bien que mal dans de l’abracadabrantesque pour reprendre l’expression de l’autre con. C’est de la comédie, du n’importe quoi, du foutage de gueule qui frise parfois la totale débauche.
Il m’arrive d’en avoir un peu marre du bordel qu’ils font tous au Fred Shop et généralement je gueule un bon coup, je fais la tronche ou j’oublie d’ouvrir la boutique. Moi aussi j’ai mes problèmes bordel !
D
Est-ce la personnalité de Fred qui fait sa clientèle ?
LF
Oui et non, en tous cas ce n’est pas l’histoire qui fait les personnages mais les personnages qui font l’histoire.
Mais il n’y a pas que moi comme personnage principal il y a tous les autres, notamment D.
Ah ! D ! Une drôle de nana, une femme mystérieuse, un peu taciturne, froide et réservée mais dotée d’un humour à froid implacable, on se ressemble tous les deux. On est de vieux amis on en a vécu des trucs ensembles je peux te le dire ma belle et plutôt glauques.
Mais ça c’est dans son bouquin qu’elle peine à finir parce qu’elle n’a pas les couilles pour le finir son sacré bouquin !
D.
On se calme voulez-vous ? Donc, en quoi est-elle bizarre D. ?
LF
Elle a un problème…
D.
Oui ? Lequel ?
LF
En fait ma bichoune elle… elle a des moments dépressifs où elle se barre totalement en vrille. Tu verras quand elle pète les boulons ça ne rigole pas et en plus c’est dans son bouquin mais quelle conne j’te jure !
En fait, elle se ballade avec un Smith et Wesson dans sa poche, mais ne fais pas cette bouille ! Elle est inoffensive ! Faut pas la chercher c’est tout. Elle peut se battre comme un mec mais c’est une crème mais bon… c’est vrai par moment elle est un peu… comment dire… schizo ? Son flingue c’est son objet fétiche un peu comme toi avec ton fer à friser.
Elle me fait péter de rire ! Elle adore jouer à la roulette russe, mais ne flippe pas j’te dis !
Elle se ballade avec un flingue et alors ? Elle se fringue comme un personnage de « matrix » je l’ai toujours appelée comme ça « matrix » ou matrixounette. Elle a le look d’Eternity.
De toute façon je donne des surnoms à tout le monde, j’ai un problème avec les noms, je ne les retiens pas ou bien je ne veux pas les retenir parc’que je n’ai pas que ça à foutre.
Bref pour en revenir à D. C’est ma meilleure amie, faut pas qu’on lui fasse du mal sinon on ne me reconnaît plus.
D
Amitié presque ambiguë ? Fred est Homo non ?
LF
ja, es ist es, aber ist das mehr kompliziert als das
D
???
LF
Oui, ça m’arrive des fois… d’un seul coup je parle dans une autre langue ça me permet de ne pas l’oublier. Langues appliquées il me semble te l’avoir dit non ? Je parle anglais, japonais, allemand, italien et j’en oublie Poupette.
D
Ok, parlons de l’homosexualité de Fred. Vous citiez la caricature d’un client de sexe-shop et de la clientèle qui viendra dans cette librairie. Pas mal d’intellectuels fréquenteront Fred Shop et ils ne sont pas épargnés par la caricature également. Mais Fred qui orchestre tout ce petit monde est plutôt l’anti-caricature de l’homo tel qu’on peut le voir dans les comédies non ?
LF
Ce n’est pas le but de faire un remake de la cage aux folles et d’ailleurs je n’existerais pas si c’était le cas. Non les gays sont gays voilà tout, comme les végétariens qui ne consomment pas de viande ou les diabétiques qui se shootent à l’insuline.
Mais certains gays de la série auront une attitude excentrique mais parce qu’il existe des gays ou des hétéros excentriques. Certains homos aiment jouer les grandes folles et alors ? Comme certains se grattent les burnes en buvant une bière devant du reality show ?
Fred Shop c’est de la pure dérision, la caricature n’est pas interdite, c’est de la comédie pas du Bergman et il m’arrive aussi de faire ma folle tu sais ?
Tout est délire et de la sublimation pure : les dialogues, le décor, les personnages… il faut qu’on se marre parce qu’une fois dans le trou ou dans une urne comme l’oncle Massimo on ne sait pas ce qui se passe alors vivons bordel !
Regarde-moi dans les yeux poulette, le Fred, « le personnage » comme tu m’appelles, tu me croises dans la rue et tu m’entends parler, tu penserais que je suis homo ? Je fais tafiote moi ?
D
Heu… non pas du tout en effet.
LF
Et bien voilà ! Tu marches au cliché ! Schéma classique.
Et tu me draguerais ? Allez ma grande lance toi ! Je ne te plais pas ?
D
Ce n’est pas le sujet de … je voulais dire que…
LF
Sincèrement, laisse-toi aller au fantasme ma chère, imagine… tu as envie de câlins et je suis là près de toi… tout sourire à te mater de bas en haut, tu fais quoi ? Tu n’essaies pas un chouilla ?
D
Mais….
LF
Joue l’jeu bordel !
Heu…? Je m’imagine seule et libre comme l’air ?
LF
Si ça peut t’aider oui, on ne va pas y passer la nuit… tu es seule, libre et le corps frémissant de désirs. Je suis là à tes côtés, on boit un verre, je te caresse du regard, je te fais rire, ta tête à tendance à se pencher sur mon épaule et les effluves de ton parfum capiteux m’enivre totalement, nos deux corps se rapprochent inexorablement, nos mains se trouvent, nos bouches se cherchent, nos lèvres s’entrouvrent et nos langues se…
D
Ça suffit ! Tout ceci est hors propos, continuons voulez-vous ?
LF
Tu es ravissante lorsque tu as chaud tu sais ?
D
Maintenant ressaisissons-nous ! Je trouve que séduire une femme lorsque l’on sait pertinemment qu’il ne pourra rien se passer … et bien je trouve ça déplorable en tout cas !
LF
Et toute douce poulette ! J’essayais de démontrer que l’habit ne fait pas le moine c’est tout ! Je ne suis qu’un personnage ? Tu n’arrêtes pas de me le dire ! Et ce n’est pas de sa faute « au Fred le personnage » s’il attire les filles comme des abeilles sur du miel ! Il n’y peut rien le pauvre gars !
D
Fred heu… peut-on recadrer cette interview je suis un peu perdue. DDonc le décor est planté, une librairie plus ou moins sexe shop mais en moins racoleur, mêlant art et érotisme agrémentée de quelques accessoires.
LF
En gros c’est ça mais c’est un peu simpliste.
Je tiens absolument à souligner que le sadomasochisme est le thème de la boutique et il est clair aussi qu’on ne vient pas acheter un magasine de cul habituel genre « spécial gros seins » je ne veux pas dire qu’on ne peut pas avoir de gros seins et pratiquer le sadomasochisme ha ! ha ! ha ! putain t’est pas une rigolote toi hein ?
Bien…regarde dans le bondage par exemple si tu as une bonne paire de seins tu peux faire des trucs incroyables, par exemple tu prends le…
D
Bien Fred, on ira dans votre boutique pour se renseigner d’accord ? Et les amis de Fred qui sont-ils ?
LF
Il y a le père Benoît qui n’est pas du tout le genre « sado-maso » c’est tout simplement un homme que j’admire beaucoup, c’est un père pour moi si j’ose dire.
Il sera là tout au long de la série et non pour assouvir certains penchants. On peut dire qu’il est fin psychologue et très ouvert d’esprit certes mais curé avant tout.
Je disais tout à l’heure que la cabine peep-show est transformée en cabine d’essayage mais elle servira également de confessionnal d’urgence.
Peu à peu certains du quartier récalcitrants au départ de voir s’installer une boutique de ce genre vont faire partie de la vie du « Fred Shop ».
Autre personnage : Guy le libraire à quelques mètres plus loin. Il vient voir Fred pour avoir quelques conseils, fumer une cigarette ou boire un verre (il en boit un peu trop d’ailleurs), dragueur invétéré (hétéro celui-là) qui à l’aube de ces 50 ans se demande ce qu’il a fait de sa vie.
Le Dr X je vous en ai déjà parlé et il y a Carole une jeune artiste naïve et déjantée qui se fourre dans des situations pas possible, elle a une admiration pour D. et voudrait être comme elle.
Il y a aussi Guillaume mon stagiaire, il fait un D.U.T métier du livre et j’ai cédé à la demande de mon pote le Dr X qui voulait que je le prenne dans ma boutique. C’est un jeune homme timide et amoureux transit de Carole et elle bien sur elle en n’a rien à cirer du pauvre Guillaume.
Il y a les Lingui, couple d’homo quinquagénaire qui vivent depuis 15 ans ensemble avec Pupuce leur caniche. Là, par contre c’est le couple homo pure caricature. Les Lingui tiennent l’épicerie italienne d’en face et il arrive que l’un d'eux rentre en trombe dans la boutique avec un gros salami à la main parce que leur trancheuse est en panne et ils viennent chez moi à la recherche d'un truc tranchant pour les dépanner.
Il y a aussi Louis le cordonnier des abbesses, un homme coincé réac limite homophobe qui répare les accessoires et vêtements de cuir des clients de Fred. Il le fait à contrecœur mais ça met du beurre dans les épinards. Il lui arrive de saboter son travail afin de provoquer des accidents qui mettent dans l’embarras certains clients lors de prestations intimes mais au fil du temps il revoit ses préjugés constatant que « ces gens là finalement sont comme les autres » dixit Louis.
Sasha apparaît aussi de temps en temps, c’est une prostituée transsexuelle qui a toujours un problème avec ses accessoires. C’est une nostalgique et elle a du mal à changer ses vieux fouets pour des neufs. Elle arrive toujours dans la boutique du vieux Louis en tenue de travail en jurant comme un charretier.
Madame Guillette, vieille dame respectable du quartier complètement addicte au « nekwik » comme elle dit.
Tout ce petit monde évolue avec leurs problèmes quotidiens amenant des péripéties, ce sont les personnages qui font l’histoire et non l’inverse je te l’ai dit.
Et puis il y a Zaza, alias Dalida, transformiste chez Mme Arthur, c’est la première rencontre de Fred dans le quartier, elle en pince pour Fred. Elle connaissait bien son oncle c’était une fidèle cliente. Ah… Zaza, « Je suis sportive, c’est normal je suis danseuse professionnelle » ! Elle répète cette phrase sans arrêt.
Elle collectionne tout ce qui concerne Dalida, son appart est un temple « Dalidesque »,. Personnage intéressant Zaza, indispensable à la vie du quartier et à la mienne.
Puis il y en a plein d’autres mais ils sont en cours de création.
Faut quand même pas pousser, on n’accouche pas comme ça de personnages en 5 minutes non ? Et comme ce sont les personnages qui font l’histoire et bien il va falloir qu’elle copule un max pour procréer ma mère non ?
D.
Merci Fred
LF
Pas d'quoi Daphnée, t'es sur que tu veux pas essayer ma tenue de domina..
D.
Non !
LF
Ok poulette, continue à te faire attacher les poignets au coin du lit avec tes carrés Hermes ! ha ha ha.......