Projet à l'étude : scénario "Fred Shop" sequence 2
II – EXTERIEUR/JOUR – QUARTIER DES ABBESSES PARIS 18ème
Une femme brune aux cheveux courts est adossée contre le mur d’une église.
Le soleil brille bien que quelques nuages menacent et une brise désagréable rafraîchit l’atmosphère.
Elle fume une cigarette et d’un air déterminé scrute un point à l’horizon.
30 ans environ, grande, mince, maquillée légèrement. Ses traits sont fins mais sévère. Elle est vêtue tout en cuir noir : long manteau lui arrivant au bas des chevilles, pantalon, bottes.
Elle porte des lunettes de soleil noires.
MUSIQUE OFF : orgue église Requiem de Mozart. (son estompé mais néanmoins audible à l’extérieur).
La femme se met à chanter tout bas, ses lèvres fines remuent à peine.
D.
(voix douce et cristalline)
agnus dei, qui tollis peccata mundi
Fred quelques mètres plus loin la rejoint en fumant une cigarette. D. lui tourne le dos et ne l’entends pas arriver.
Il porte un élégant costume noir recouvert d’un manteau de même couleur d’une coupe toute aussi parfaite. Il porte les mêmes lunettes noires que D.
1,90m, mince, musclé, visage fin sans défauts il semble à peine plus âgé que D. malgré ses 41 ans.
Son regard d’un vert limpide est dur et doux à la fois.
Il stoppe sa marche lorsqu’il entend D. chanter et il retire ses lunettes comme pour être certain de ce qu’il voit.
FRED
(surpris et se murmurant à lui-même)
ben ça alors… matrixounette qui chante en latin maintenant
D.
dona eis requiem
agnus dei, qui tollis peccata mundi.
Fred gêné et ne sachant que faire recule doucement. Une fois suffisamment éloigné, il remet ses lunettes noires, toussote et fait mine d’arriver en sifflotant.
Entendant des pas derrière elle D. s’arrête subitement de chanter, elle remonte le col de son manteau et reste le dos tourné.
FRED
( énervé)
oh ! putain que c’est long ! Elle va m’achever cette symphonie !
D. se retourne doucement.
D.
(exaspérée)
requiem Fred…C’est un requiem
Fred souffle la fumée de sa cigarette, remonte le col de sa veste enlève doucement ses lunettes et les dépose délicatement dans sa poche.
FRED
( yeux au ciel)
Ne Chipote pas ! Symphonie ou requiem on s’en fout, putain il caille ! T’as pas froid ?
Elle retire également ses lunettes et lance un regard noir à Fred.
D.
(agacée)
Non ! je ne m’en fous pas Fred ! T’entendre dire que le requiem de Mozart est une symphonie ça me hérisse le poil ! Surtout que tu sais très bien faire la différence ! Et puis arrête de dire à tout bout de champs des oh ! putain Bordel ! tu fais chier à la fin !
Fred la regarde un instant puis pouffe de rire. Il l’entoure de son bras.
Côte à côte ils regardent droit devant eux.
(ton grave)
putain ma D. l’oncle Simo est passé d’l’autre côté et je n’arrive pas à y croire, il va me manquer ce vieux débris.
D.
vieux débris, vieux débris, c’est vite dit Fred, il avait peut être plus de 85 ans mais ça ne l’a pas empêché de se choper le coït mortel ! Quelle belle mort !
(du rire dans la voix)
Non mais…. Tu aurais vu la Peggy le cul à l’air et les croques morts qui n’arrêtaient pas de la mater pendant qu’ils transportaient Simo sur son brancard !
(Il se met à rire, se frotte les yeux)
Bordel ! J’ai honte de me marrer mais… et cette conne de Peggy qui… demande au médecin …
Fred met ses mains sur les hanches et prends une attitude féminine
FRED
(imitant Julie – voix aiguë et niaise)
Mais c’est quoi un coït mortel docteur ? C’est contagieux ?
D. ne pouvant plus se retenir se met à rire aussi
D.
Julie ! Elle s’appelle Julie Bordel !
(En imitant Julie à son tour sur le même ton).
C’est dingue mon choux ! tu t’souviens jamais d’mon nom ! C’est Julie ! pas Peggy ?!!
Fred et D. rient en cœur.
Une femme d’un certain âge en tenue guindée passe, elle les regarde d’un air outré. Elle tient en laisse un caniche qui porte un petit imperméable imitation Burberry.
Voyant qu’on les observe et pour sauver la situation Fred et D. se jettent dans les bras l’un de l’autre et font semblant de pleurer à chaudes larmes.
La femme guindée hausse les épaules.
LA FEMME
(ton pincé)
Dépêche-toi Lydie !
Son regard va de son chien à Fred et D. qui continuent à faire semblant de pleurer.
De temps en temps ils lèvent la tête pour vérifier si la femme est toujours là.
Le chien frotte ses pattes arrière confirmant qu’il a terminé. La femme regarde vers l’église, fait une génuflexion, un signe de croix et s’en va en marmonnant.
D. se retourne.
D.
(du rire dans la voix)
Allez Fred c’est bon elle est partie, t’as raté ta vocation mon vieux on s’y croyait !
Fred reste la tête enfouie dans le cou de D. ses épaules tressautent.
D. caresse la tête de Fred doucement.
D.
(murmurant))
Ca va aller mon Fred, moi aussi il va me manquer tu sais ?
Fred se redresse, s’essuie les yeux et le nez rapidement du revers de la main. Il se racle la gorge et remets ses lunettes comme si de rien n’était.
(cinglant)
Hein ? tu sais c’que c’est le fou rire une fois que tu l’as ça ne te lâche plus ! je ne chialais pas putain qu’est-ce que tu crois ?
D. le regarde en fronçant les sourcils, replace une mèche imaginaire derrière son oreille, sort un paquet de cigarette et en allume une.
D.
Ah ouais ? tu l’as dis bouffi c’est terrible un fou rire.
Elle frissonne, regarde en l’air puis d’un ton banal.
On dirait qu’il va pleuvoir tu ne trouves pas ?
Derrière eux à quelques mètres les portes de l’église s’ouvrent pour laisser sortir les gens qui assistaient à la cérémonie.
Fred se tourne vers D.
FRED
(suppliant)
Tu viens avec moi hein ? Ils vont tous me serrer la paluche ou me lécher la pomme et j’ai envie de partager ce moment excitant d’intimité avec toi matrixounette.
D. agacée écrase sa cigarette tout en regardant Fred.
D.
(nerveuse)
Ne me demande pas ça Fred ! J’ai horreur que des inconnus me touchent ou m’embrassent, je ne vais pas pouvoir désolée, j’ai envie de vomir rien que d’y penser.
FRED
(ton de reproche)
Ok je note ! Tu me lâches à un moment délicat, celui où j’ai le plus besoin de toi merci pour ton…
D.
(en colère)
oh ! ferme là ! ok je viens ! Mais je te préviens ! Si un seul de ces gus me colle de trop j’lui colle ma main dans la tronche ou pire je…
(souriant)
Ok D. je prends le risque ! Allez viens ma poulette.
Il lui donne le bras et avancent doucement vers l’entrée de l’église.
A la porte de l’église se tient un homme en costume noir d’une coupe très élégante, une petite croix en or au revers de son col.
Il est très grand dépassant presque Fred, cheveux totalement blancs. Son regard bleu acier est à la fois sévère et pétillant de malice. Il a environ dans les 70 ans.
Il tient dans une main sa bible que ses doigts fins recouvrent presque totalement.
Son costume est d’une coupe moderne, luxueuse. Il porte le même costume que Fred.
Fred s’approche de lui et lui tends la main.
Le prêtre l’entoure de ses bras et lui tapote le dos amicalement.
Fred se laisse aller puis se recule vivement. Le père Benoît enlace également D.
FRED
(fronce les sourcils et sourit)
Dites-moi Père Benoît… je crois que nous avons le même couturier j’me trompe ? Je dois dire que vous en jetez un max sapé comme ça !
PERE BENOIT
(voix grave et confuse)
heu… oui il me semble en effet que nous ayons… le même costume Frédéric et j’avoue que cela est fort gênant.
FRED
(amusé)
Ben faut pas ? Vous ne trouvez pas qu’on fait un peu blues Brothers tous les deux non ? Venez près de moi mon père !
Voyant que le Père Benoit ne bouge pas Fred se mets à ses côtés.
FRED
Hein D. ? Tu ne trouves pas qu’on fait un peu….
PERE BENOIT
Frédéric je voulais…
FRED
(Continue sans écouter le père Benoit)
Et puis entre nous mon père on ne pouvait pas laisser filer les soldes chez Kenzo ! Même votre pote là-haut aurait fait la même chose non ? Au fait vous avez eu la dernière démarque ? Celle avec 50% de ristourne si vous en achetiez un deuxième ?
PERE BENOIT
(balbutiant gêné)
Heu… peut-être je ne sais plus Frédéric, je… bon… comment vous sentez-vous mon petit ? Je pense que vous devriez…
Fred se retourne subitement et allume une cigarette. Le père Benoit inquiet regarde D.
D. souriante s’approche du père Benoît pendant que Fred qui s’est éloigné fume sa cigarette nerveusement.
D.
(murmure)
Ca va aller Mon Père, ne vous inquiétez pas je m’occupe de lui. Il fait le malin à le voir comme ça mais il en a gros sur la patate je peux vous le dire. Et dans ces cas là vous le connaissez il est imprévisible.
PERE BENOIT
Je le sais D. vous le connaissez aussi bien que moi et je sais aussi qu’il doit être très affecté par la mort de son oncle, Il comptait énormément pour lui et c’était réciproque….
Le père Benoît fronce les sourcils et continue.
J’avoue que je ne comprends toujours pas ce qui a pu se passer. Ils ne se parlaient plus depuis des mois. Nous étions très proches Massimo et moi pourtant et je n’ai jamais su ce qui avait pu les séparer. A vrai dire je n’ai jamais voulu insister pour en savoir d’avantage… j’aurais peut être dû….
Fred se met entre Le père Benoît et D. pose un bras sur l’épaule de chacun.
FRED
(Suspicieux)
Alors ? Qu’est-ce que vous mijotez tous les deux ?
Au loin une voie aiguë retentit.
JULIE
Oh ! Fred mon choux !
Tout le monde regarde cette jeune femme aux longs cheveux blonds et maquillage excessif. Elle porte un tailleur noir sexy dont la jupe lui arrive à mi-cuisse.
Elle s’avance gauchement vers Fred à cause de ses hauts talons.
Elle se jette dans ses bras obligeant le père Benoît et D. à reculer brusquement.
Elle lui dépose un baiser goulu sur la joue.
Fred se dégage d’un air dégoûté, une grosse trace de rouge à lèvres sur la joue.
FRED
(autoritaire)
oh la ! ma belle ! On se calme et tu ne bouges plus !
Il frotte les pans de sa veste comme pour en retirer des saletés et regarde d’un air exaspéré la jeune femme qui à son injonction est restée immobile, tout geste suspendu.
FRED
(agacé)
Mais ne reste pas crispée comme ça bordel ! On dirait le mime Marceau !
D. tourne la tête au bord du fou rire. A nouveau animée, la jeune femme se tamponne les yeux avec un mouchoir en dentelle constellé de tâches de mascara.
JULIE
(larmoyante)
Comme il va me manquer Fred ! Il était si gentil avec moi ! Cela faisait presque deux ans que je l’assistais.
Fred lui pose la main sur l’épaule
FRED
(solennel)
Ça pour l’assister tu l’as assisté et jusqu’au bout si j’ose dire ! Quelle dévotion ma chère !
Le père Benoît sert sa bible entre ses mains la pose devant sa bouche et lève les yeux au ciel.
(triste, se tamponnant le nez)
Tu sais, travailler avec ton oncle était un réel plaisir, il connaissait tant de choses ! Il m’a appris tellement !
D.
(Marmonnant entre ses dents)
Tu parles il te faudrait au moins trois vie pour apprendre une règle de trois…
Julie se retourne brusquement vers D. faisant voler sa chevelure dans le visage du Père Benoît qui fait un bon en arrière en agitant les bras comme s’il était attaqué par une armée d’insectes.
JULIE
(tout sourire)
Pardon D. tu disais ?
D.
(ton innocent)
Je disais que Massimo avait passé sa vie à faire partager ses connaissances aux autres.
Fred regarde D. en soupirant et se tourne à nouveau vers Julie.
FRED
Que vas-tu faire Pegg… Julie… désormais ?
JULIE
(Soupirant)
Oh ! Et bien… me remettre doucement de son absence… mais j’ai trouvé un travail pas loin d’ici chez M. Kellermann. Je préfère travailler au plus vite afin d’éviter de me morfondre à ne rien faire.
Et bien dis moi un nouveau job et chez le vieux bijoutier en plus ?
JULIE
(se redresse fièrement)
Oui, il a besoin d’une assistante consciencieuse
D. sourit, regarde du coin de l’œil Fred et lui donne un coup de coude en douce.
Fred tourne le dos à D, mets ses mains dans son dos et lui fait un doigt d’honneur.
FRED
( mi-impressionné mi-moqueur)
tu t’y connais en bijoux ? enfin… du moins de ce genre là ?
D. se mets derrière Fred, forme un rond avec son pouce et son index et fait un va et vient dans le doigt de Fred.
Une vieille dame toute frêle et élégante regarde la scène, elle penche sa tête avec l’air de ne pas comprendre ce qu’il se passe.
Le père Benoît écarquille les yeux, tousse et se dirige vers la vieille dame.
PERE BENOIT
Oh ! Chère Madame Guillette !
Il la prend par le bras et l’éloigne. Julie s’est arrêtée de parler agacée d’avoir été interrompue par l’intervention du père Benoit.
Oh ! Je m’y connais pas très bien c’est vrai mais M. Kellermann m’a dit que ce n’était pas bien sorcier et qu’il se chargerait lui-même de ma formation !
Mais je pense qu’il me faudra du temps, il y a tellement de pierres ! Et il va falloir que je retienne le nom de toutes les pierres tu te rends comptes ?
FRED
(impatient d’en finir)
ouais pas d’bol, bon… ben…
Fred lui tapote l’épaule gauchement.
FRED
De toute façon si j’ai l’occasion de passer devant ta boutique et bien je… te ferai comme ça ?
Fred agite énergiquement sa main pour mimer un bonjour.
JULIE
Avec plaisir Fred ! Mais que va devenir la librairie ? C’était toute sa vie à mon choupi… à Massimo… tu vas la reprendre ? Ah ! quelle tête de linotte j’allais oublié !
Elle s’accroupit pose son énorme sac sur le sol faisant apparaître une vue plongeante sur son large décolleté.
Elle fouille énergiquement dans son sac et en ressort pas mal de choses : un string, des préservatifs, du maquillage, un magasine, un sex-toy hypersophistiqué.
Fred regarde médusé le spectacle les mains dans les poches.
Des personnes intriguées font cercle autour de Julie et regardent tout ce qu’il y a sur le sol. Une femme voyant le toys murmure à l’oreille de son mari qui fait une tête de moins qu’elle.
LA FEMME
(autoritaire)
Non mais ! pourquoi j’en n’ai pas un comme ça Robert ?!
LE MARI
(Penaud)
Ben je ne sais pas moi ma doucette le vendeur m’a dit que le dernier que…
JULIE
Ah ! Ça y est je les ai !
LA FOULE EN CHOEUR
Ohhhh !!
Elle remet tout ce qui était sur le sol dans son sac. Se relève, toute ébouriffée et comme épuisée.
Les gens recommencent à parler entre eux comme si de rien n’était.
JULIE
(Théâtrale)
Voici les clefs de la librairie et de son appartement, elles sont à toi Fred !
FRED
(surpris)
Heu… je ne sais pas ce que…
MAITRE LEPRAS
(voix grave, gutturale et forte)
Je vais vous en parler M. Salieri justement !
Un petit homme bedonnant et rougeaud à la tignasse trop brune pour être naturelle s’approche à petit pas rapide vers Fred. Son costume est étriqué et ne semble plus de la première fraîcheur. Il porte des petites lunettes rondes à monture dorée. Il tend une main potelée à Fred.
MAITRE LEPRAS
Je me présente : Maître Lepras ! Non seulement j’étais le notaire de votre oncle mais également un vieil ami ! Je vous présente mes sincères condoléances M. Salieri.
Je connaissais votre oncle depuis plus de 40 ans ! Je suis très attristé sachez-le…. Vous savez que je vous ai connu lorsque vous étiez encore au sein de votre mère ?
Fred se retourne vers D et fait mine de vomir.
Julie réajuste sa chevelure et sa jupe. Elle se rapproche du notaire et lui fait un grand sourire. Elle bombe du torse ce qui fait ressortir sa poitrine opulente. Le notaire arrête subitement son discours et s’attarde longuement sur la poitrine de Julie qui lui arrive à hauteur des yeux, puis semblant revenir à la réalité s’adresse à nouveau à Fred
(regarde dans l’assistance avec inquiétude)
Mais où est donc votre maman ? Je ne l’ai point vu à… ?
Il s’arrête subitement, pose la main sur sa bouche.
MAITRE LEPRAS
oh ! mon dieu ! J’espère que… elle va bien n’est-ce pas ?
(souriant)
Rassurez-vous ma mère va très bien. Elle n’a pas pu venir à son grand regret car elle a dû rester à Milan. Ma cousine a eu encore un baigneur et ma mère s’occupe des trois autres marmots en attendant que leur mère sorte de la maternité.
MAITRE LEPRAS
Ah je vois, bon… écoutez M. Salieri, Il faut que vous veniez demain à mon étude, Massimo avait pris ses dispositions concernant ses biens et je voudrais vous en parler de manière plus officielle voyez-vous ?
Le notaire lui tend une carte de visite. Il se retourne vers Julie et lui en donne une également.
Vous êtes sûrement Julie Pinson n’est-ce pas ? Massimo m’a parlé de vous vous savez ? De vos talents de… enfin je veux dire qu’iil était ravi de vous avoir comme assistante. D’ailleurs, si cela vous intéresse je suis à la recherche d’une…
Fred se poste entre le notaire et Julie. Julie se contorsionne pour essayer de voir par-dessus son épaule.
FRED
Bon ok Maître lebras vous verrez avec elle demain pour l’embauche mais si ça ne vous dérange pas je dois vous laisser pour rejoindre la famille et les amis, donc …
MAITRE LEPRAS
Heu… Maître Lepras M. Saliéri et non Lebras…
Mais bien sûr ! Je suis désolé de vous retenir ainsi ! je vous comprends cher ami ce n’est pas le moment de vous accaparer ! Je vous dis donc à demain 15H ? Mon étude n’est pas loin de la librairie de votre oncle.
Le notaire lui tend la main chaleureusement et Fred la lui sert avec poigne.
FRED
Ok maître Le… enfin bref, je voulais vous demander, ma… mon amie peut-elle se joindre à moi ? À ce rendez-vous ?
Fred désigne D. qui soupire de mécontentement.
MAITRE LEPRAS
Mais bien sûr ! Venez en compagnie de votre fiancée Frédéric… qui est charmante d’ailleurs.
Il regarde D. de la tête aux pieds.
D. retire ses lunettes et affiche un regard noir, le notaire impressionné se retourne précipitamment vers Julie.
MAITRE LEPRAS
Mademoiselle Pinson ! Justement j’avais quelques conseils à vous demander ! Figurez-vous que j’ai acheté un livre ancien et…
Julie écarquille les yeux et lui fait un grand sourire. Le notaire lui pose délicatement la main sur l’épaule, l’éloigne de l’assistance et commence à l’abreuver de paroles.
Fred et D. se rapprochent doucement d’un attroupement de gens.
D.
Ta fiancé ! Je suis écroulée de rire ! J’ai l’impression que ton oncle n’a pas mis au parfum son copain concernant tes penchants plus que douteux mon pote.
Tu devrais être fière ma chérie, la fiancée d’un mec aussi beau et classe que moi ! Et de surcroît doté d’une paire…hum… d’yeux si magnifiques …
(prenant l’attitude et une voix efféminée)
Ca ne t’excite donc pas d’être la fiancé de ta « tante » préférée ma biche ?
D. éclate de rire, lui frotte la joue pour effacer la trace de rouge à lèvres. Ils s’éloignent bras dessus, bras dessous.
Tout en marchant Fred fait descendre sa main doucement vers le bas du dos de D. et lui tapote les fesses
Allez ! En route ma poule !
D. lui donne un coup de pied dans le tibia.